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Gamification interne : faire participer les équipes sans adresse mail professionnelle

Par So-Buzz6 min de lecture

L’accueil de la plateforme Challenges Mousquetaires : les animations proposées aux collaborateurs du groupement et de ses enseignes

Dans la plupart des entreprises qui nous appellent pour animer leurs équipes, une bonne partie des salariés ne lira jamais le mail d’annonce : elle n’a pas de boîte mail. Hôtes de caisse, préparateurs de commandes, conducteurs, techniciens d’intervention, personnels soignants, équipes de nuit. Ce sont pourtant exactement les populations que les plans d’engagement citent en premier.

Le symptôme est toujours le même. Le dispositif tourne, les chiffres remontent, et l’écart de participation entre le siège et le terrain va de un à dix. On en conclut que « le terrain n’est pas demandeur ». C’est presque toujours faux : ce n’est pas l’envie qui a manqué, c’est l’accès qui a filtré.

Ce qui les élimine, et ce n’est jamais le jeu

Quatre obstacles, dans l’ordre où ils se présentent :

  • L’annonce passe par un canal qu’ils n’ont pas. Mail interne, intranet, messagerie d’entreprise, newsletter RH : quatre canaux, et aucun qui atteigne le lieu de travail réel.
  • L’inscription réclame une adresse mail. Il ne reste alors que l’adresse personnelle. Beaucoup refusent de la donner à leur employeur, et ils ont de bonnes raisons de se poser la question.
  • Le mot de passe. Un compte de plus, oublié le lendemain. Sur une opération qui dure dix jours, la perte se voit dès le jour 2.
  • Le temps. Vingt minutes devant un écran n’existent pas en caisse, sur une ligne ou dans une tournée. Trois minutes en salle de pause, oui.

Aucun de ces quatre points ne concerne la mécanique du jeu. Ils se règlent tous en amont, à la conception : c’est pour ça qu’un projet de gamification interne devrait toujours s’ouvrir sur la question de l’accès, avant celle du format.

Cinq portes d’entrée qui fonctionnent

1. Le SSO de l’entreprise, quand il existe

Le collaborateur arrive, il est reconnu par l’annuaire, il joue. Pas de compte à créer, pas de mot de passe supplémentaire, pas de liste d’inscrits à tenir à la main. C’est la meilleure porte pour tous ceux qui ont un identifiant : le challenge interne que nous avons développé pour Klépierre passe par le SSO du groupe, ce qui a permis d’ouvrir la même opération aux collaborateurs de plusieurs pays européens sans créer un seul compte.

Deux réserves. La connexion SSO se teste tôt, sur votre environnement, sous peine de découvrir le problème la veille de l’ouverture. Et sa limite est précisément notre sujet : le SSO ne couvre que ceux qui ont un identifiant. Il faut donc toujours une deuxième porte.

2. Le code d’équipe ou de site

Un code par magasin, par entrepôt, par service. Le collaborateur le saisit, choisit son équipe dans une liste, et joue. Vous savez d’où viennent les participations sans jamais avoir demandé une identité ni une adresse. C’est aussi la porte la plus simple à expliquer en brief d’équipe : un code, une affiche, une phrase.

3. Le QR code affiché là où ils passent

Vestiaire, salle de pause, quai de chargement, réserve, badgeuse. C’est le seul canal qui atteigne quelqu’un qui n’a ni poste de travail ni adresse professionnelle. Prévoyez plus d’affiches que vous ne pensez, et vérifiez qu’il y a du réseau à l’endroit exact où elles seront posées : un QR code au sous-sol d’un centre commercial ou au fond d’un entrepôt ne mène nulle part.

4. Le manager comme relais

Le lien transmis au brief du matin, cinq minutes annoncées pour jouer, un rappel à mi-parcours. Un dispositif qui atteint le terrain a presque toujours une chaîne managériale derrière lui. Le kit qui l’accompagne — affiche, message court, mode d’emploi en dix lignes, argumentaire pour les managers — fait partie de la livraison au même titre que le jeu ; sans lui, l’opération repose sur un mail que personne n’a reçu.

5. L’écran partagé

Tablette en salle de pause, borne, poste de l’arrière-boutique. Le mode « écran commun » impose ses propres règles : une session qui se referme toute seule, une reprise immédiate pour le suivant, et aucune donnée personnelle qui reste affichée. Ça se conçoit, ça ne s’improvise pas — mais c’est souvent le seul moyen de faire jouer une équipe entière au même endroit.

Et la porte à ne pas prendre : l’application à installer. Passer par un store, sur un téléphone personnel, avec une mise à jour à accepter et de la place à libérer, élimine plus de monde que tous les autres obstacles réunis. Un dispositif interne doit tourner dans le navigateur, sans installation.

Ce que ça change dans les règles du jeu

Une fois l’accès réglé, la mécanique se dessine autrement :

  • Une partie tient en quatre-vingt-dix secondes et se reprend là où elle s’est arrêtée. Le format long est un luxe de bureau.
  • Rien ne se joue en direct à heure fixe. Les trois-huit, les tournées et les week-ends travaillés interdisent le rendez-vous synchrone : tout doit rester jouable sur une fenêtre de plusieurs jours.
  • Le classement se fait par site ou par équipe, en moyenne par participant plutôt qu’en cumul. Sinon l’entrepôt de 400 personnes gagne toujours contre l’agence de 12, et la deuxième édition se joue sans l’agence de 12.
  • Tout est pensé pour un mobile moyen sur un réseau moyen. Le wifi d’un entrepôt et la 4G d’un parking ne sont pas ceux du siège : c’est là qu’il faut tester, pas depuis la fibre du siège.
  • Les lots se récupèrent sans compte en ligne. Une dotation envoyée par mail exclut une seconde fois, et exactement les mêmes personnes. Un lot remis sur site par le manager, lui, se voit.

Les questions qui arriveront avant le lancement

Sur un dispositif interne, trois interlocuteurs ont leur mot à dire. Mieux vaut avoir les réponses avant qu’ils posent les questions.

  • La DSI : où sont hébergées les données, ce qui est collecté, ce qui est supprimé à la clôture, quel domaine doit être autorisé sur le proxy, quel navigateur est imposé sur les postes partagés. Chez nous, l’hébergement est en France et les données sont supprimées de nos serveurs après l’opération.
  • Le juridique : ce sont des données de salariés, pas de prospects. Finalité, durée de conservation, règlement et information des participants s’écrivent avant l’ouverture, pas après.
  • Les représentants du personnel : la participation doit rester volontaire, ne pas empiéter sur les temps de repos et ne pas se transformer en évaluation déguisée. Un classement individuel affiché en clair fait plus de mal que de bien ; par équipe, il ne pose plus de problème. Et jouer sur son téléphone personnel ne peut pas être la seule option — c’est encore une raison de prévoir l’écran partagé.

La seule mesure qui prouve quelque chose

Le nombre total de participations ne dit rien : il monte tout seul dès que le siège joue. Le chiffre à suivre est le taux de participation par site et par population. C’est lui qui dit si vous avez touché ceux que vous ne touchiez pas, et c’est le seul argument qui tienne devant une direction au moment de financer l’édition suivante.

Relevez-le dès la première édition, même s’il est mauvais. C’est la ligne de base qui rendra la deuxième lisible — et, site par site, il désigne aussi les endroits où c’est l’affichage ou le relais managérial qui a manqué, pas le jeu.

Un dispositif générique se repère en trois secondes

Reste le point le moins technique, et le plus décisif. Un jeu acheté sur étagère et repeint aux couleurs de l’entreprise envoie un message assez clair à des équipes qui sont déjà les moins bien servies en outils. Les questions doivent parler de leurs métiers, les visuels de leurs sites, les récompenses de ce qui tient dans une poche de blouse.

C’est aussi l’intérêt d’une plateforme qui vit toute l’année plutôt que d’une opération isolée : la plateforme d’engagement que nous développons pour le Groupement Mousquetaires rassemble au même endroit les animations du groupement et de ses enseignes — concours de cuisine, quiz, trophées RSE, concours photo. Les collaborateurs des points de vente n’ont qu’une adresse à retenir, d’une opération à la suivante, et chaque équipe de communication lance la sienne sans repartir de zéro.

Par où commencer

Avant même de choisir une mécanique, faites la liste de vos populations et écrivez, pour chacune, la phrase qui décrit comment elle entre : « les 900 du siège par le SSO », « les 4 000 en magasin par un QR code en salle de pause et un code magasin », « les conducteurs par un lien transmis par leur responsable d’exploitation ». Toute population qui n’a pas sa phrase ne participera pas, et aucun budget de création ne rattrapera ça.

C’est l’exercice que nous faisons au premier appel, avant de parler de jeu. Si vous avez un temps fort à animer cette année, parlons-en : nous vous dirons ce qui est atteignable pour chacune de vos populations, et ce qui demandera un détour par votre DSI.

Vous êtes une agence et le dispositif doit sortir sous votre nom ? Nous produisons aussi ces dispositifs en marque blanche, sans jamais apparaître.

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